C'est une expérience difficile à traduire en mots. Mère Teresa pense qu'elle n'a pas la foi. Elle se souvient qu'avant le début de l'œuvre elle avait tant d'union, d'amour, de confiance, de prière, et à ces yeux tout cela a disparu. Elle a peur que cette contradiction la déséquilibre et pourtant « cela ne rompt pas » (cf. Lettre au père Pichachy, 25 août 1959).
Elle confie :
« Excellence, vous avez tout approuvé, vous avez tout béni. Toutes ces années, je n'ai voulu qu'une seule chose - connaître la volonté de Dieu. Et maintenant je ne veux encore que cela même dans cette obscurité si pénible et profonde. [...] La seule chose qui me maintienne à la surface, c'est l'obéissance. »
(Extraits de la Lettre à Mgr Perrier, 1° septembre 1959)
Ses souffrances ressemblaient à celles de la nuit obscure que décrit saint Jean de la Croix, mais elle pressentait que leur but était différent, elle ne souffrait plus tant pour être purifiée que pour partager les souffrance des pauvres :
« Partageons les souffrances de nos pauvres car ce n'est qu'en étant unes avec eux que nous pouvons les racheter, c'est-à-dire amener Dieu dans leur vie et les amener à Dieu. »
(Premier vendredi du mois de juillet 1961)
« Pour comprendre les pauvres, Jésus dut connaître et faire l'expérience de cette pauvreté dans Son corps et dans Son âme. »
(Soul of Mission, 29 janvier 1991)
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Extraits de : Mère Térésa, Les écrits intimes de la sainte de Calcutta, éditions Lethielleux, Paris 2008 ; synthèse F. Breynaert