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Marie remplit le monde
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Jérusalem : l'église Hagia Sion et la mort de Marie

Cette église se trouve tout près du Cénacle, sur le mont Sion, au sud ouest de Jérusalem, juste à l’extérieur des murs de l’actuelle ville ancienne. 

A côté de cette église, il y a un monastère bénédictins, et ce sont les bénédictins qui habituellement nous accueillent. Nous entrons donc dans une église de forme ronde, assez récente et bien ornée.

Nous descendons dans la crypte, dédiée à la mort de Marie. Au-dessus du lit où Marie est étendue, quelques mosaïques représentent des femmes de l’ancien Testament. Tout autour, d’autres œuvres artistiques éclairent ce mystère.

 

Un apocryphe judéo-chrétien très ancien parle de ce lieu

Ce sont les évangiles apocryphes, relatant l’Assomption de Marie, qui sont les sources les plus anciennes parlant de la tombe de Marie. Or tous ces évangiles apocryphes dépendent d’un prototype, d’un premier document judéo-chrétien écrit aux environs du second siècle dans le milieu de l’Eglise Mère de Jérusalem.

Ces évangiles apocryphes disent que Marie, la Mère de Jésus, est morte à Jérusalem, près du Cénacle, dans le lieu où se trouve l’actuelle Abbaye bénédictine de la Dormition.

Les apôtres portèrent Marie près de Gethsémani et la déposèrent dans un sépulcre. Trois jours après, les anges la transportèrent au ciel.

Pia COMPAGNONI, La tombe de Marie,

dans « La terre sainte », N° 589 (72° année),

mai-juin 2007, p. 48-49

 

La mort de Jésus et la mort de Marie

« Du moment que le Christ est mort, il serait difficile de soutenir le contraire pour sa Mère. C’est en ce sens qu’ont raisonné les Pères de l’Église, qui n’ont pas eu de doute à cet égard. »

JEAN PAUL II, audience générale du 25.06.97

 

C’est ainsi que la mort de Jésus éclaire la mort de Marie, comme l’ont très bien compris les artistes qui ont représenté la croix de Jésus dans cette crypte.

 

L’attitude de spirituelle de la Vierge à cette heure

« Quant aux causes de la mort de Marie, les opinions qui voudraient exclure pour elle des causes naturelles ne semblent pas fondées. Plus importante est la recherche sur l’attitude spirituelle de la Vierge au moment de son départ de ce monde. À cet égard, saint François de Sales pense que la mort de Marie est advenue comme l’effet d’un transport d’amour. Il parle d’une mort « dans l’amour, à cause de l’amour et par amour », en il en vient alors à affirmer que la Mère de Dieu mourut d’amour pour son Fils Jésus [1]. Quel qu’ait été le fait organique et biologique qui causa, sous l’aspect physique, la cessation de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie à l’autre vie fut pour Marie une maturation de la grâce dans la gloire, de sorte que, jamais comme en ce cas, la mort n’a pu être conçue comme une « dormition ».

JEAN PAUL II, audience générale du 25.06.97

[1] Traité de l’amour de Dieu, Livre 7, c. XIII-XIV

 

Marie au milieu des apôtres

Une grande mosaïque représente Marie au milieu des apôtres, tandis qu’une grande icône représente l’Assomption de Marie, au milieu des apôtres réunis.

Ceci mérite aussi notre attention. En effet, pendant longtemps, seule la branche judéo-chrétienne possédait la tradition concernant la mort et l’Assomption de Marie et la branche pagano-chrétienne l’ignorait. Il était donc important d’exprimer que le mystère de la mort et de l’Assomption de Marie est une vérité qui remonte aux apôtres. Ceci a été fait par le biais des récits apocryphes puis par les artistes.

 

De la mort d’Eve à la mort de Marie

Au-dessus du lit de Marie, une mosaïque représente Eve. Eve a péché, c’est bien connu. Et le péché a entraîné la mort. Alors pourquoi Marie, qui n’a pas péché, meure-t-elle ?

« Il est vrai que la Révélation présente la mort comme un châtiment dû au péché. Cependant, le fait que l’Église proclame que Marie a été exempte du péché originel par un singulier privilège divin n’amène pas à la conclusion qu’elle a aussi reçu l’immortalité corporelle. La Mère n’est pas supérieure au Fils qui a assumé la mort en lui donnant une signification nouvelle et en la transformant en un instrument de salut. »

JEAN PAUL II, audience générale du 25.06.97

 

Les femmes de l’Ancien Testament

Les mosaïques des autres femmes de l’Ancien Testament sont, elles aussi, un éclairage sur la mort de Marie. La mort de Marie, comme celle de Jésus, est un passage, une Pâque.

 

Myriam, la sœur de Moïse a entonné un cantique d’action de grâce au moment de la traversée de la mer rouge, la première Pâque, le premier grand passage.

 

Ruth a fait elle aussi un passage, elle est passée de son peuple à la foi d’Israël.

 

Esther a détourné le danger d’extermination qui menaçait son peuple.

 

Yaël et Judith, chacune en son époque, ont tué l’ennemi du peuple. Or, le danger ultime, l’ennemi décisif, c’est le mal, le péché et la mort. Et, dans ce combat décisif, l’Immaculée est associée au Christ par un lien indissoluble.

 

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